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MIRHLEFT, Maroc
par meta (rédigé le 06/11/2009 )
 
 
UNE SEMAINE A MIRHLEFT
rédigé le 06/11/2009
Maroc 

Arrivée le 31 octobre 2009 a 18h30 a l'aéroport d'Agadir ( ne pas confondre avec l'aerogare d'agaport ou encore le cochon d'inde)

Évidemment comme je m'y prends tjs au dernier moment je n'ai ni l'adresse exacte de mon hôte, ni son numéro de téléphone. Cet ami français habitant près de Mirhleft depuis 3 ans, nos conversation se font essentiellement via les réseaux sociaux.
Je demande donc au taxi d'aller a Mirhleft (140km), on y trouvera bien klk1 qui connait mon pote, un blanc qui a ouvert une auberge, ça doit pas passer inaperçu dans un bled de 6000habitants ! Après deux heures de routes désertiques de nuit a bord d'une vielle merco 240d, et après la rencontre d'un imposant sanglier gambadant a 50 mètres devant le capot... On arrive enfin a Mirhleft. Dans l'immensité de la plaine, j'ai pu choper la 3G et envoyer un MSG vain (a 2,90euro) a mon pote via facebook. C'est la nuit, tout est flou. Le chauffeur demande a un autre taxi, qui demande a Ahmed "speed" qui connait Hassan, qui connait Raphaël qui est l'associe de mon pote Martin. Le téléphone arabe fonctionne! Martin vient me chercher ds le souk de Mirhleft 15 min après dans un gros 4x4 Nissan plein de sable.
On monte dans sa nouvelle baraque dans la montagne a 2 km de la ville par la piste. C'est en haut d'une colline qui surplombe toute la ville... Mais c'est la nuit! C'est pas une baraque Qu'il a Martin, c une micro ville, c'est une construction marocaine ancienne que son associe et lui ont retape... Et cela a des airs de villa orientale, avec ses multiples patios, ses couloirs et ses portes basses. Apéro bien arrosé avec les amis français expatriés au Maroc et leurs gosses suivi d'un gros tajine avec Martin, Raph et ses parents.

Le lendemain, visite du centre ville,enfin du souk, enfin c'est pareil, quel bordel! C'est magnifique cette vie, cet univers décalé ou je peux enfin choper mes Mails en wifi en buvant un délicieux thé a la menthe a 5 dirham (5centimes). Mais a cote de moi et mon iPhone, ya 60 ans de décalage... Un chien traine dans la poussière, des gars vendent des poules, des clopes a l'unité, des femmes voilées portent des paquets sur leur tête (sans les mains héhé), bref en plus je suis blanc comme un cul, je fais tache mais l'ambiance est très agréable, y a pas de casses couilles qui veulent te vendre leur mère pour 20 dh.
Après la séquence touriste, gros apero avec les mêmes amis que la veille, puis re-grosse bouffe a base de monstrueuses cotes de bœuf grillées au barbecue! On est le 1er novembre, il fait 34 degrés, j'hallucine!
On déguste un ptit gris avec comme seul voisin, le désert et une gamine bédouine menant ses 4 chèvres sur les collines lunaires qui nous entourent.
La journée bien entamée par un repas a 15h s'achève, Les amis venus manger repartent en quad et en 4x4, le soleil se couche, c'est beau!

2e journée: on va acheter une machine a laver dans la grande ville du coin (34km) : tiznit. Je me sens comme oss 117 en Égypte. Laissant mes amis s'occuper de la machine a laver, je vais arpenter les ruelles de la vieille ville. Il fait une grosse chaleur, je me prends un ptit coca bien frais dans une échoppe minuscule et ou les pâtisseries attirent des abeilles par dizaines. Des enfants font des courses de vélo, les femmes font les courses tout court, les hommes discutent ou travaillent devant leur ateliers. Dans les boutiques, les vendeurs sont assis par terre, fument des narguilés et inventent des prix aberrants mais négociables pour toutes les babioles qu'ils vendent.
Au final nous y passons la journée. Alors qu'on était parti par la route littorale, on revient par les montagnes, dans des décors lunaires et ou vivent des agriculteurs récoltant olives et autres figues de barbarie.

3e jour:
Je Pars le matin faire un footing dans la montagne. Après 15 min de montée abrupte, le footing se transforme en trekking, entre pierres, cactus, arganiers, et chardons, la terre est rouge, certains pans de montagnes sont littéralement brules par le soleil et je ne croise que des lézards, qui s'engouffrent dans les trous du sol a mon arrivée.
Je suis attendu a la kasbah par un gros tajin de légumes auquel je fais honneur après 2 heures de marche.
Ensuite Martin m'amène, a bord du samouraï, un vieux 4x4 Suzuki, voir les 3 plages qui bordent la ville mais aujourd'hui le temps ne se prête pas a la baignade. Les vagues roulent bien et Un mince filet d'eau promet des sessions de skim board endiablées! Les plages sont désertes... Et le sont apparemment souvent! Le vieux 4x4 a le pot crève et ses amortisseurs ont rendu lame (!!) depuis bien longtemps, ça secoue un brin. On se retrouve ensuite au souk pour la connexion wifi et pour un apéro bière olives chez Damien. Il tient "Abertih", un bar hôtel bien pratique puisque c Le point de connexion internet wifi de Mirhleft. Le demi coûte 20 dirham (2 euros) ce qui est plutôt cher dans le coin.

4e jour:
Temps de merde, pas fait gd chose a part trainer au souk. J'ai lu un bouquin de Martin de Eric-Emmanuel Schmidt .... Intitule "lorsque j'étais une œuvre d'art". Une jolie métaphore sur la recherche de la beauté. Pas mal du tout !
 Un vent glacial vient du désert.

5e jour
Quad, temps magnifique, une ballade en terrain escarpé a bord des petits tout terrains. C'est du plaisir en barre. On longe un oued et on croise des agriculteurs, des enfants qui jouent, des femmes portant des sacs on ne sait ou. on se fait plaisir sur des terrains mi-sable mi-pierre, de grosses montées sinueuses ou l'on drift a 1m du ravin plein de cacti, c'est une escapade magique. On salue les bergers, on fait 2 pauses clopes dans le trou du cul de l'univers, on répare un pneu crevé, franchi des crevasses et on traverse des champs en jachère, on se croirait dans un paris Dakar, sauf qu'on ralenti dans les "villages". Après 4 heures de kif total, on finit chez Dan et kat qui possèdent le business des balades en quad. On se dépoussière avec un compresseur d'air a courroie, on a le visage rouge de terre, on est bien degueus !) on enchaine sur une fondue bourguignonne aussi bonne qu'improbable. L'aprem, je traine dans le souk avec Martin, en attendant le mec qui peut Me louer une voiture demain. Négociée dans la rue a 250 dirham, j'aurai ma Logan a 9h30 demain matin. Inutile de dire Qu'il n'y a aucun papier, il veut même pas savoir si j'ai le permis... Je me demande bien ce qu'il m'arriver ici si j'ai un accident... Mais aucun risque, c'est pas comme si y avait des cortèges d' ânes et de chèvres, des 4L pourries et des taxis fous, oh non, c'est bien pire que ça! On verra ça demain de toutes façons, le vent froid revient, comme souvent vers la fin de journée puis ça se radoucit en soirée. Demain donc, je pars vers le sud et le désert, je vais essayer de passer par Legzira et Sidi Ifni et en écrirait plus a mon retour.

6e jour
Levé a 8h45, on se dépêche de partir au souk avec Martin mais en vain, le gars n'est pas la, il nous met un gros plan, on attend 3 heures, le gars a apparemment un soucis familial, il nous dit de revenir vers 13h. Dépités on remonte manger et bronzer un peu. A 13h, on y retourne, le mec raconte au téléphone Qu'il a eu un accident... Bah vas-y oublie je prends le taxi. Ça me coûte le même prix et c'est moins de responsabilités.
Une vieille merco dont l'intérieur a été retapissé de tissu saumon, poilu... C terriblement kitch mais la caisse semble rouler convenablement sur la route du sud. Le chauffeur, n'est pas plus chauffeur que moi, on dirait plutôt un épicier en blouse qui veut gagner des sous cet après midi.
Très sympa mais surtout bien avide, il veut que je le paie plus si on dépasse 17h... Ce qu'il s'était bien garde de me dire au début. Bon en tous cas il me dépose a Legzira, une plage immense et magnifique ou d'improbables pans de roches forment des arches sur une mer agitée et assez fraiche. Je marche le long de falaises, prends quelques photos et prends surtout garde de ne pas me faire emporter par les flots qui engloutissent déjà mes mollets. C'est un spectacle grandiose, le soleil se reflète sur l'écume qui envahi la plage, le sol devient blanc, lumineux, les galets roulent... Et je suis seul au monde.
Après une heure de balade, je rejoins mon taxi qui m'amène a Sidi Ifni, une ville côtière, plus développée que Mirhleft mais restant très pittoresque et même plus traditionnelle. Je me pose en terrasse, a cote d'un groupe d'ancêtres qui discutent en berbère en mangeant des beignets et en buvant un thé a la menthe. Je les imite... A Rome, fais comme les romains, au Maroc, essaye de faire comme les marocains! Cela dit, je suis encore un centre d'attraction pour les enfants, et les femmes voilées Qui ne voient pas souvent déambuler dans leurs rues, des étrangers en Ray-ban et jeans trempé. Sur ma table, des mouches se disputent un morceau de beignet, en face de la rue, un gars qui ressemble a Kadafi me fixe depuis une heure... Mais c'est sûr, c'est pas lui, il porte des imitations de Nike air max 'Requins' bleues sous sa Jelaba.
Les femmes marchent entre elles, certaines voilées, d'autre non, toutes semblent vivre dans un monde parallèle a celui des hommes. Le soleil brule, je remets mes Ray-ban.
Je remarque aussi que la mode n'existe pas ici. Cette société a ceci de très diffèrent avec la notre. L'apparence ne compte pas, pour les hommes en tout cas, certains sont plus élégants Que d'autres mais personne ne semble étonne de voir des djellaba couvertes de doudounes roses, des jeans diesel portées avec des sandales en plastique translucides.
Je finis ma découverte avec les remparts délabres qui séparent la ville et sa plage, de la montagne. Cette partie de la ville ressemble a un terrain vague et les gens qu'on y croisent, semble sortir tout droit des albums photos de la jeunesse de ma grand mère en Algérie. De vieilles femmes édentées a la peau brulé par le soleil rigolent quand elle me surprennent en train de photographier leur agneau qui pait dans un champ aride. Elles soulèvent des amas de poussières a l'aide de balais qui forment un prolongement de leur corps vouté. J'aime me trouver dans ces paysages, comme un étranger total, incompréhensible, inaccessible, éveillant les soupçons, les craintes (car tous les peuples ont cet instinct). Une demoiselle voilée m'adresse un sourire, c'est étonnant, c'est radicalement différent d'un sourire échange dans le metro, c'est un sourire interdit, un sourire tabou, provocateur, flatteur, défiant, et partiellement masqué d'un voile rouge. Un sourire marocain. Qui a dit "un sourire a la recherche d'un Visa"? ;)
le trajet de retour avec mon chauffeur, se déroule bien mais a 40km/h... Ce qui est bien mais pas top.
Retour a la kasbah, poulet, Trivial Pursuit, guitare... 
Je n'en reviens pas, c'est déjà terminé.
Ah! si toutes les semaines pouvaient passer aussi vite...

La journée de retour par contre est autrement plus longue... Le taxi roule encore a deux a l'heure et conduit n'importe comment, on manque de mourir 10 fois, entre poids lourds et bas cote, la vieille Mercedes ne dépasse plus les 80 km/h... Et vu son état, c'est déjà un miracle. La courroie pousse des cris a chaque coup d'accélérateur de mon chauffeur. 
Je tiens un affreux mal de bide et je vais passer 3h a l'aéroport a attendre qu'il passe. Je n'ai vraiment pas envie de rentrer tout de suite... D'abord parce que je n'ai pas assez bronzé et ensuite parce que je serai bien reste plonge dans l'insouciance et la tranquillité du Maroc. Les gros français bien sales s'entassent désormais dans la file d'enregistrement des bagages. vu leur stress, on se demande s'ils ont vraiment vécus a l'heure marocaine pendant leur congé. Apparemment un car de touristes Fram vient de les déposer la... Et comme a chaque voyage, retrouver les français a l'aéroport, me rend malade. En voyant le troupeau, je sais qu'il va se passer une bonne heure avant de pouvoir faire enregistrer ma valise. Et ô comble de l'énervement, certains étaient sur mon vol aller, il y a une semaine... Avec les mêmes gosses pleurnichards en plus bronzés.. Vive les beauf des clubs de vacances!
Allez, je ne leur en veut pas, je suis presque de bonne humeur... Comme a chaque retour a Paris, heureux de retrouver mon toit mais triste de quitter ce lieu symbole de détente et de quiétude.
Les hôtesses de l'air sont sublimes, merci aigle azur... Dommage que je sois a cote de 2 cailleras qui rentrent du bled et qui se distinguent par leur manque de finesse vis a vis des charmantes travailleuses du ciel. 
Au final, j'aurai passe aujourd'hui la journée la plus marocaine de toutes, 9h de cul pose sur une chaise (plusieurs en fait)... Et au fond de moi, le parisien trépigne!



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rédigé par meta le 06/11/2009
site web

Auberge, table d'hotes, dans les colines marocaines au dessus de Mirleft. Un cadre splendide, luxueusement depaysant et très bon esprit.
Tenu par deux potes, bonne ambiance,.... check the site for more info

sidi ifni, Mirhleft, Maroc

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